May 29, 2009
Amin Maalouf

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Ipek Cem: We're going through a very interesting timing history and your latest book which actually came out in March is very pertinent to the events of the world, the division between, let's say East and West, Islam and other religions. And it will be coming out in Turkey as well. I wan to ask you in this context, are you still hopefull that civilizations can somehow coexist, going for real?

 

Amin Maalouf: Je crois que les civilisations n'ont pas d'autres choix que de coexister. La question n'est pas tellement de savoir si elles peuvent coextister, la question, c'est de savoir comment. Parce que de toute façon nous sommes dans ce monde, dans le même monde. C'est un monde qui est fait de cultures différentes, des civilisations différentes, de peuples différents, de langues différentes. Et nous devons bien apprendre à vivre ensemble.

 

Ipek Cem: You know, in some of your books, actually in a lot of your books, we see a nostalgia for the past, especially for the past of the Middle East, where people from different faiths and different origins were coexisting in a somewhat peaceful manage. While maybe not mixing too much, still coexisting and existing together. And while this is a very big problem in the Middle East now, it's kind of a merging is taking place. How have we gone from that period to this one? I know it's the west, many people blame the west. But is there a going back? What we see in the Middle East?

 

Amin Maalouf: Je crois que malheureusement on ne peut pas refaire l'histoire. Mais si je pouvais refaire l'histoire je le referrais d'une autre manière. Si je pouvais refaire l'histoire, j'aurai terminé la première guerre mondiale d'une autre manière. Au lieu de faire éclater l'Empire Ottoman je les aurai transformé. C'était le rêve de mon grand père. Quand on parle comme ça, on a l'air un peu d'être plongé dans la nostalgie, mais j'ai un peu de nostalgie. Je pense que l'idée d'avoir de vastes Empires faits de peuples différents, de cultures différentes qui vivent ensemble avec un pouvoir qui serait différent de celui qu'il y aurait avec, probablement, un chef d'Etat, qui serait un peu chef d'Etat nominal avec un véritable régime démocratique parlementaire. Mais je préfère avoir des Etats multinationaux, multiculturels, plutôt que ce que nous avons eu en réalité. C'est à dire une division de Proche Orient ou d'ailleurs de l'Europe centrale, en dire nombrables de petits Etats qui n'a jamais réussi à avoir une véritable stabilité qui n'ont jamais réussi à se développer, qui ont été à l'origine de nombreuses guerres, mondiales ou régionales. J'aurais vraiment aimé des choses se passent d'une autre manière. Mais à qui la faute? Il y a un peu de la faute certainement qui tombe sur la puissance, qui ont gagner la guerre mondiale. Je pense que l'accord qu'il y a eu après la première guerre mondiale à Versailles, à Sèvre étaient un accord désastreux. Quelqu'un l'a appelé "a peace to end all peace" et c'est vrai. C'est vrai que les gens qui ont fait ces accords étaient totalement irresponsables. Ils ont eu des comportements qui ont provoqué des guerres, des conflits, pas seulement d'ailleurs au proche Orient, ils ont provoqué des conflits en Europe, des conflits à Proche Orient, des conflits en Extreme Orient. Donc c'était simplement désastreux. Mais il y a aussi la responsabilité des peuples de la région. C'est à dire, je crois que la période de la fin de l'Empire Ottoman a été une période où il y a quelques personnes assez visionnaires, assez lucides pour dire "nous allons essayer d'organiser notre decommune d'une autre manière, sur d'autre base". Mais la plupart des gens étaient engagés dans des rêves différents. Dans le monde Arabe il y a eu la fameuse révolte encouragé d'ailleurs par l'Angleterre qui a commencé en 1916. Il y a eu toutes les nationalités qui ont voulu avoir leurs propres Etats. On ne peut pas juger aujourd'hui, c'était dans l'air du temps. Il fallait à l'époque, chacun avait le sentiment d'avoir son propre Etat. Mais avec le recule, quand j'observe tous les Etats du Proche Orient, je me dis, "c'est pas comme ça que les choses auraient du se terminer, on aurait du trouver d'autres solutions. On aurait du essayer d'organiser la coexistence d'une autre manière." J'ai l'impression d'un terrible gâchis.

 

Ipek Cem: In your recent book, and you're just mentioned right now, about democratization. And in your recent book, you talk about Arabic nations, how somebody like Nasir in the Egypt was actually able to inspire, many in the Arab world. But due to a lack of democracy, due to lack of other attitudes, within that regime, in the Arab world, it didn't naturalize into an Arab league of states for example. This is one of the problems that we have today. Arabes divided among themselves, Arabes and Turks are divided to some degree. In a new world order, we don't have the Ottoman Emprire and it looks like nation states are still the terminology of the day. Can there be a better cooperation in the Arab world?

 

Amin Maalouf: Je crois qui l'un des principaux problèmes du monde Arabe d'aujourd'hui, c'est que d'un côté on a des dirigeants qui n'ont pas véritablement de légitimité. Ils n'ont pas de légitimité parce que généralement ils ne sont pas élus d'une manière démocratique. Parce qu'ils ne sont pas véritablement des auteurs d'un miracle économique ou qui les donneraient d'une sorte de légitimité. Ils n'ont pas rapporté d'une victoire particulière qui leur donne une légitimité. Donc les dirigeants n'ont pas de légitimité. Et beaucoup de gens dans le monde Arabe, regardent vers des mouvements politiques, un peu souterrain, qui n'ont pas véritablement vocation à devenir des mouvements du gouvernement. Et donc il y a un véritable problème de pouvoir dans le monde Arabe. J'ai parlé un peu dans mon livre de la période de Nasir, d'un côté parce que je l'ai vécu, c'était un peu ma jeunesse et aussi parce que à cette époque-là le principal dirigeant dans le monde Arabe qui était Nasir avait une forme de légitimité populaire. Les gens adhéraient à ce qu'il disait. Les gens considéraient que ce que lui disait représentait leur véritables sentiment, leur véritables inspirations. Et ça, c'est une chose qui n'existe plus dans le monde Arab et ça c'est un vrai problème. Toute la situation dans le monde Arabe me parait être un vrai gâchis. C'est à dire, c'est une chose que nous disons chaque fois que nous nous retrouvons entre gens du monde Arabe que ça soit à Paris, à Beirut ou à ailleurs, nous sommes dans une sorte de condoléance. Parce que ce fut de regarder ce qui arrive un peu par tous dans le monde Arabe et c'est la désolation. Coregarde vers l'Irak, coregarde vers Gazza, coregarde vers tellement de pays. C'est véritablement une situation tragique. Probablement le pire moment du monde Arabe depuis toujours. Même moi qui n'est pas tellement vieux, dans ma jeunesse j'ai connu des périodes différentes. Il y avait un certain respect pour le monde Arabe dans le monde où il y avait des gens qui s'exprimaient, qui écoutaient, qui comptaient. Aujourd'hui, le monde Arabe subit, subit, subit et souffre. Donc on a l'impression qu'ils n'ont jamais écouté. Est-ce que les choses vont continuer aller comme celà? J'espère que non, j'espère que non. Mais on a véritablement besoin d'un sursaut, d'une prise de conscience plus grande.

 

Ipek Cem: You just talked about the legitimicy. And we see more and more, making generalisation, but religion and specifically the Islamic religion becoming a source of legitimicy for groups and for some gouvernments. In the region, becoming more prevalent in people's lifes and in the life of the state. Is this trend going to go for? Because on the one hand it gives people maybe more freedom to express themself religiously but it also gives some people legitimicy to due in human acts.

 

Amin Maalouf: Parce que les relations entre la religion et la politique, c'est une chose tres compliquée. Un des aspect de la question, c'est que après la fin de la guerre froide, nous sommes passé dans le monde où les clivages étaient essentiellement des clivages biologique. Un monde où on a surtout des clivages identitaires. Et ça c'est vrai dans le monde musulman mais c'est vrai partout dans le monde. Je crois que dans le monde Arabe, d'une manière plus spécifique, l'échec du nationalisme notamment avec la défaite de Nasir, et en même temps l'échec du socialisme, avec toutes les experiences qui étaient disastreuses dans plusieurs pays du monde Arabe, en fait qu'il y avait une sorte de vide idéologique. Les gens se sont rabattus d'une manière spontonnée, naturelle, sur la seule ideologie qui leur venait naturellement, qui était la religion et en faite la religion arrive à remplir des rôles différents, qui ne sont pas seulement des rôles spirituels. Parce que la religion remplit aussi un rôle rationaliste. Il y a une sorte de mobilisation rationaliste qui se fait à travers la religion. Il y a également une revendication sociale qui se fait à travers la religion. Et en réalité, la religion a remplit des rôles très différents que en téorie, elle n'était pas censé remplir. La religion n'est pas censé avoir un rôle d'ideologie nationaliste. Mais en l'abscence d'une autre idéologie nationaliste la religion a aussi joué ce rôle.

 

Ipek Cem: You, in the Arab world, one of the reasons this is taking place, according to you, is the lack of legitimate leathership and the groups taking role in the state so religion is becoming more prevelant. We also know because of all the wars and because of the instability in the region there is lots of immigrations from many of these countries into Europe, into the US and other places. Migration is a big deal in many of your books and wrotes in many of your boks. It's a way of development of your caracters. I was very interested in your view of how migration today is actually something to be cherished and to be appeared in Europe. Could you talk about that?

 

Amin Maalouf: Je pense que l'émigration, pour la personne qui émigre, peut être une chance. C'est aussi une souffrance mais ça peut être aussi une chance. Pour les sociétés dont les personnes sont parties, c'est généralement un appauvrissement. Il y a beaucoup trop de sociétés à travers le monde, et notamment dans le monde Arabe, qui connaissent une migration qui est véritablement une émoragie. Beaucoup de gens qualifiés dans tous les domains vont s'installer dans d'autres pays. Ça, c'est une véritable désastre. Mais je pense qu'on devrait pouvoir à partir de la réalité de l'émigration, bâtir quelque chose d'autre. Je m'explique. Nous avons dans beaucoup de sociétés des gens qui viennent d'ailleurs. Ces personnes ont vocation à être des tirets d'union entre les deux sociétés, leurs sociétés d'adoption et leurs sociétés idéologiques. Je pense qu'il faut les encourager à jouer son rôle. Je pense par example qu'il faut les encourager à ne pas oublier leur langue d'origine. Il faut qu'ils étudient la langue du pays et en même temps qu'ils gardent la connaissance de leur langue d'origine. Je pense également que ces personnes devraient pouvoir circuler entre ces deux sociétés. Pouvoir transmettre dans les deux sens, pouvoir être les émissaires de leur société d'accueil, vers la société d'origine et les émissaires de la société d'origine vers la société d'accueil. Je pense que nous sommes dans un monde où tout le monde a besoin d'apprendre les autres. Et je le dis surtout pour les société occidentales qui pendant très long temps ont eu le sentiment de ne pas avoir besoin d'apprendre le reste du monde. Beaucoup de gens dans les pays du sud apprennent les langues des pays du nord. Très peu de gens dans les pays du nord apprennent les langues des pays du sud. Ils ont le sentiment de ne pas avoir besoin d'apprendre. Je pense que ce trompe, je pense qu'aujourd'hui, les gens ont besoin de connaitre les autres cultures, ils ont besoin de connaitre les autres langues. Et quand ils ont dans leur pays des gens qui sont porteurs de ces cultures, qui sont porteurs de cette langue, il faut qu'ils aillent vers eux. Il faut qu'ils apprennent aussi, auprès de, un certain nombre de choses. Parce que je pense que l'apprentissage doit se faire dans les deux sens.

 

Ipek Cem: In your boks like you are mentioning, I found words that empower is the immigrant. Because when we look at the immigrant person, usually they have left theirown countries, they're in a more difficult position. And you look at that with a certain kind of nostalgia almost to their previous life. And you have lots of empowering words for the immigrant and this relates actually to identity. And you talk a lot about identity in your books and nowadays we see people's identity being talked as "she-he, shi'i-sunni" or this ethnic origin or that ethnic origin and actually you talk about an enrichment from where his parts coming together in the same person which maybe called different in the other person. Will we come to that sense of enrichment? Because there are so many divisions actually from these points as well.

 

Amin Maalouf: Je pense que l'identité d'une personne est une chose très complexe et très subtile. Je pense qu'une personne ne se réduit pas à une appartenance religieuse, à une appartenance nationale ou linguistique ou d'autre. Je pense qu'il est très important que toutes personnes puissent prendre conscience de la complexité de sa propre identité et que les autres l'encouragent en prenant conscience. Par example, pour les immigrés, il est important qu'ils aient le sentiment, qu'ils ont dans leur identité des éléments qui viennent de leur société d'origine et des éléments qui viennent de leur société d'accueil. Et qu'ils puissent faire vivre ses éléments différents au sein de leur propre identité. Et c'est surtout vrai de leurs enfants qui euent grandi dans des autres société et qui ne savent pas toujours quelle est leur place et dans quelle société et parfois ils ont le sentiment de ne pas avoir de place dans aucune société. Je pense qu'il est très important que les gens soient encouragés à assumer, la complexité de l'identité. Les gens soient encouragés à assumer leurs doubles nationalités, leurs double, leurs triple langues, qu'ils puissent véritablement avoir le sentiment d'être accepté et d'avoir un rôle important à jouer et justement à cause de cette identité complexe. Je pense que les gens ont besoin de dignité culturelle. Ça c'est une chose fondamentale. Les gens ont besoin de sentir, où qu'ils soient dans le monde, que leur langue est respectée, que leur culture est respectée. A partir du moment où ils se sentent respectés, ils peuvent survivre dans les autres.

 

Ipek Cem: Your adopted country is France. Adopted, meaning, you moved to France in 1976, I believe. And you were born in Lebanon. I want to ask you about France and Europe. Immigration in France and Europe. How do you think the report card of France is on this topic and how do you think is the report card in Europe generally, European Union on this topic?

 

Amin Maalouf: Je pense que sur la question de l'émigration personne n'a trouvé de bonnes solutions. J'ai même l'impression que la situation se détèrieure dans beaucoup de pays. Moi, je suis en France, comme vous l'avez dit, depuis 33 ans et j'ai vu l'évolution en Europe et je crois que les choses ne s'arrangent pas véritablement. J'ai vu notamment des pays qui avaient une longue tradition de nouvelture, je pense par example, le Denmark aux pays bas. On a connu ces dernières années des problèmes très graves. Je crois profondement que la question de l'immigration doit être pensée d'une manière beaucoup plus précise, d'une manière beacoup plus subtile et que ce n'est pas vraiment fait à l'heure actuelle. Je ne pense pas quelqu'un puisse dire aujourd'hui "nous avons trouvé la solution, nous avons reglé ces problèmes". Personne n'a véritablement reglé ces problèmes.

 

Ipek Cem: You know, Turkey is also on the accession process to Europan Union. And, maybe not immigration but integration into Europe of a large country, of a country of East is prevalent, in the minds of many European leaders. This is causing alarm in lots of capitals in Europe. How do you read Turkey's progress and as a person who knows Turkey and the region very well, do you feel the two parties are suited for eachother, Turkey and Europe?

 

Amin Maalouf: Je pense que les deux parties pourraient parfaitement vivre ensemble. Je pense que la Turquie voulait apporter quelque chose très importante en Europe et notamment une certain sensibilité. Un grand monde que l'Europe connait très mal et avec lequel elle n'arrive pas à avoir la relation. Je pense que ça serait une erreur très grave de ne pas introduire cette dimension supplémentaire, essentiel. Et en plus je pense que ça serait illusoire de se dire qu'il y a une robe compacte qui va traiter avec le monde musulman de l'extérieur. Je pense que l'attitude sage serait de dire "le monde musulman, étant un de mes voisins, avec lequel nous devons savoir établir des relations suppliqes" qui doit être considéré comme faisant partie aussi de cet ensemble. Malheureusement aujourd'hui les esprits ne sont pas prêts à ça. Je pense que sur ce plan aussi il y a une regression. Je crois que les choses étaient plus faciles probablement il y a vingt ans qu'aujourd'hui. Aujourd'hui, il y a des rigidités de pensés dès qu'il s'agit du monde musulman qui font que, on ne s'approche pas de celà mais pour ma part je le regrette.

 

Ipek Cem: Your books inspire millions all around the world and most of them transport us hundreds of years of back and back to now and then thousand of years you know, back, sometimes. How do you get the inspiration for starting a new novel?

 

Amin Maalouf: Je crois qu'il y a un des facteurs d'inspirations qui est le désire d'échapper au monde d'aujourd'hui. Je crois que je suis quelqu'un qui ne se sent pas très à la liste dans le monde d'aujourd'hui. J'observe mon pays, le Liban et je me dis que j'aurais probablement aimé de connaitre à d'autres moments de l'histoire. J'ai envie de retrouver des époques antérieures où un certain nombre de choses étaient possibles. J'ai envie de bâtir à travers mes livres, ceux que j'appelle parfois des mythes positives pour, en quelques sortes qui peuvent être des antidotes contre la poison de l'époque actuelle. Je pense que la fiction et le marriage de la fiction et de l'histoire peuvents jouer un peu ce rôle.

 

Ipek Cem: You just talked about your home country Lebanon. Do you travel to Lebanon these days?

 

Amin Maalouf: Je suis allé quelques fois ces derniers temps. L'année dernière je suis allé trois fois. C'est toujours un plaisir de retrouver le pays. J'ai toujours ma maison, dans la montagne. C'est une maison qui est dans ma famille depuis dizaines générations. Il y a toujours une très grande émotion quand je me retrouve dans ma village de la montagne. Mais c'est vrai que je ne passe pas beaucoup de temps là-bas.

 

Ipek Cem: For the political solution in Lebanon, I mean some parts of the world the troubels have been going on so long that people it seems have almost given up for the solution, at least at the outside. And Lebanon is one such very difficult place, wonderful place at the same time. Do you see any progress for coexistence for more stability in Lebanon?

 

Amin Maalouf: Le problème donc de ce pays, c'est qu'il y a des phases successives de rencontres et de séparations, des reconciliations et de conflits. Malheureusement je crois que ça va continuer comme ça. On continuera de traverser les périodes de tentions, de conflits et puis d'autres périodes de reconciliations. Je ne pense pas que l'avenir puisse être une longue période pacifique, tranquille. Ni au Liban ni dans sa légion.

 

Ipek Cem: When we talk about the Middle East and we talked about the troubles in the Middle East, of course we can not but talk about western powers. Such as the role of the British Empire, such as the role of the US and many in this region are blaming foreign powers for the, let's say they messed up, they found themselves in. And we know how powerful the US is in world politic. Now there is the new administration which many people have lots of hope for. Do you see a difference with the new US administration and an outlook for peace?

 

Amin Maalouf: Je suis très enthousiaste par rapport à l'ancien administration aux Etats-Unis pour le Proche Orient. Mais pas seulement pour le Proche Orient. Je pense que c'est l'Amérique entière qui est en train de changer. Je pense que nous avoin besoin d'une Amérique qui change. Parce que le spectacle donné par l'Amérique au cours de, depuis dernières années, des spectacles desastreux. Je pense que c'est important qu'il y a à la tête des Etats-Unis un nom qui a une haute statut intellectuelle morale. Je suis confiant. Je ne pense pas aujourd'hui on parle de Obamania, des choses comme ça. Je pense qu'il faut être beaucoup plus sérieux. Je pense que les gens ont besoin d'avoir des changements véritables d'orientation. Je pense que le monde a besoin d'une Amérique qui se comporte d'une autre manière. Et c'est quasiment miraculeux d'avoir eu la chance d'avoir une personne comme Obama. Le problème de Proche Orient, le problème qui est là depuis des dizaines d'années, moi quand je suis né ce problème existait déjà. Est-ce que on va avoir une solution? Moi, je le souhaite mais je reste assez sceptic. Je pense que les choses sont tellement compliquées. On a vu tellement de deceptions dans cette région. Parfois je me dis que je ne verrai pas de solution de mon vivant.

 

Ipek Cem: When we look at the world today, your last book is very pertinent to what's happening in the world today. Basicly one of the things that strucked me was the etnicity issue. How we are really moving towards etnicity, in base politics? And of course religion, we talked about it. How can we also refrain from this kind of reflex when we look at eachother as nations and look at long standing prejudices? Within the nation or across the nations.

 

Amin Maalouf: Je crois que la seule solution que je vois, c'est à travers l'éducation et à travers la culture. Je pense qu'on a véritablement besoin de pratiquer une éducation pour la paix, une éducation pour la coexistence. Ce ne sont pas des choses qui viennent toutes seules. Ce n'est pas parce qu'on met deux populations côtes à côtes qu'elles font devenir amis, qu'elles font se comprendre. Je connais à travers l'histoire, beaucoup de populations qui sont côtes à côtes depuis des siècles qui ne se comprennent pas plus dans le monde aujourd'hui qu'avant. Je pense qu'on a vraiment besoin aujourd'hui d'enseigner la coexistence. C'est le rôle des ecrivains je pense, c'est le rôle des autorités politiques aussi, cêst le rôle de la culture. Nous avons véritablement besoin d'aller vers les autres, de comprendre les autres. Nous avons besoin d'apprendre des langues, nous avons besoin de lire les littératures du monde entier. Nous avons besoin d'une autre approche des autres et vous savez, nous vivons aujourd'hui dans un monde où nous sommes tellement melangés. Avec la facilité de voyager, avec la facilité de communiquer. Nous n'avons pas encore les attitudes, la mentalité qu'il faut pour ce genre de monde. Nous avons besoin d'apprendre à vivre dans un monde aussi complexe. Nous avons besoin de penser le monde comme ci ç'était une vaste nation plurielle. Je pense que c'est ça la tâche des générations à venir.

 

Ipek Cem: Your new book starts with a phrase that says "we have lost our compass", the world has lost it's compass. I found it different because I found it more like a political commentery, political philosophie which was written maybe in a more realist fashion. These are things all existing in your book but your caracters and the situations convey them. Do you see yourself writing more and more in that style or would you go back to your more majority type of work for your next novel?

 

Amin Maalouf: Moi je suis principalement romancier, je m'exprime plus avec le roman. Mais un romancier aussi c'est un citoyen. Il y a des moments dans l'histoire où un citoyen a besoin de dire "attention, le monde supporte mal". C'est le cas aujourd'hui. Je suis extrémement inquiét quand j'observe l'évolution de monde. Je suis inquiét pour toutes sortes de les hommes, j'ai le sentiment que nous vivons dans un monde qui est en pleine dérèglement. Dérèglement climatique, dérèglement économique, dérèglement intellectuel à tous les niveaux. Je pense que à ce moment-là un citoyen doit laisser de côté ce qu'il est en train de faire, dans mon cas un roman, et dire un certain nombre de choses qui méritent d'être dits. Ce livre est principalement une sonnette d'alarme. C'est un livre qui dit aux gens, d'abord à mes lecteurs, "attention, nous vivons dans un monde qui est véritablement en danger, nous avons véritablement besoin de repenser ce monde si nous voulons que nos enfants et nos petits enfants puissent vivre au moins aussi bien que nous".

 

Ipek Cem: But there is also in the end hope in your book for the future. As if we're going to rise out the world achieves at have in due time a better way of coexisting, a better way of existing. You retain this hope?

 

Amin Maalouf: Je pense qu'il est essentiel de dire qu'on est inquiét et en même temps il est irresponsable de dire il n'y a pas d'espoir. Je pense qu'il faut toujours, je pense que c'est le rôle, de celui qui écrit d'essayer de trouver des voix de solutions, d'essayer de maintenir l'espoir. Si on dit qu'il n'y a plus d'espoir ce n'est même plus la peine d'écrire.

 

Ipek Cem: Do you have an other book planned? And how was the creating process for that going?

 

Amin Maalouf: Oui j'ai un autre projet, un roman sur laquelle je vais commencer à travailler assez vite dans les semaines qui viennent et d'habitude quand je travaille, je vais m'isoler dans une petite maison sur une île et je commence à écrire. C'est ce que j'ai l'intention de faire dans très peu de temps.

 

Ipek Cem: What periode, will it be also going back in the time?

 

Amin Maalouf: Pas beaucoup. Quelques dizaines d'années seulement.

 

Ipek Cem: And any trips to Turkey? I want to find out because in Turkey you are a very well liked author in fact. I was reading pages and pages on the internet of blogs covering people's views of your books, exchanging notes. Have you visited and met your readers in Turkey?

 

Amin Maalouf: Je suis allé plusieurs fois en Turquie. C'est un pays pour laquelle j'ai un grand attachement. Quelqu'un m'a fait remarqué un jour que dans tous mes livres, sans exception, il y a au moins une fois une mension d'Istanbul. C'est vrai que c'est un pays qui est présent dans mon histoire et dans mes pensées. J'ai l'intention d'y aller, j'ai des projets pour l'année prochaine. Mais c'est un peu tôt pour en parler, j'ai des projets pour y aller en 2010.

 

Ipek Cem: Thank you so much for this interview.

 

Amin Maalouf: Merci.

 

This transcript was typed from a transcription unit recording and not copied from an original script. Because of the possibility of mis-hearing and the difficulty, in some cases, of identifying individual speakers, NTV networks and Ipek Cem cannot vouch for its accuracy.